On the problem of continuity: a theory of culture beyond inventionLe problème de la continuité : une théorie de la culture au‐delà de l'invention
Journal of the Royal Anthropological Institute
Published online on May 20, 2026
Abstract
["Journal of the Royal Anthropological Institute, Volume 32, Issue 2, Page 365-383, June 2026. ", "\nAnthropologists, in common with social theorists more generally, have often understood social life as an emergent phenomenon grounded in practices of creativity and improvisation. Where stasis and continuity feature, these are often presented as illusory manifestations of underlying processes of ‘invention’, or as external impositions upon otherwise creative and innovative actors. These approaches have helped to challenge the essentialisms that underlie the seeming self‐evidence of ideas such as ‘culture’ and ‘tradition’. They foreground the hidden work that is needed to make things endure and the political stakes of presenting things as if they had always been that way. While building on this work, we argue that the tendency to see social practice as a fundamentally emergent and creative process has resulted in theoretical inattention to forms of action that are aimed at the achievement of stasis and continuity. Relatedly, we suggest that framing such actions as invention or creativity can fail to capture what is ethnographically at stake in practices oriented to the celebration of the pre‐existent and towards the preservation of what is already in place. While highlighting the paradoxically invisible work required to sustain what ‘already exists’, we seek to draw out a range of social practices characterized by the linked logics of non‐inventive agency and thoughtful inaction.\n\nRésumé\nLes anthropologues, comme les théoriciens des sciences sociales en général, envisagent souvent la vie sociale comme un phénomène émergent, ancré dans des pratiques de créativité et d'improvisation. La stase et la continuité, lorsqu'elles surviennent, sont souvent présentées comme des manifestations illusoires de processus sous‐jacents d’« invention » ou comme des phénomènes imposés du dehors à des acteurs qui seraient, sans cela, créatifs et innovants. Ces approches ont aidé à remettre en question les essentialismes qui sous‐tendent l’évidence apparente de notions telles que « la culture » et « la tradition ». Elles mettent en avant le travail caché nécessaire pour que les choses durent et l'intérêt politique de les présenter comme si elles avaient toujours été là. Tout en s'appuyant sur cette perspective, les auteurs avancent que la tendance à voir la pratique sociale comme un processus fondamentalement émergent et créatif a détourné l'attention théorique de formes d'actions qui visent à obtenir stase et continuité. Dans le même ordre d'idées, ils suggèrent que des actions telles que l'invention ou la créativité peuvent méconnaître les enjeux ethnographiques de pratiques orientées vers la célébration de l'existant et la préservation de ce qui est déjà en place. Tout en soulignant le travail, paradoxalement invisible, nécessaire pour conserver « ce qui existe déjà », ils tentent de mettre en lumière un éventail de pratiques sociales caractérisées par les logiques interconnectées de l'agencéité non inventive et de l'inaction réfléchie.\n"]