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Forced gifts and moral claims: entitlement, fear, and the moral economy of fish in coastal KenyaDons forcés et créances morales : droits allégués, crainte et économie morale du poisson sur le littoral kenyan

Journal of the Royal Anthropological Institute

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Abstract

["Journal of the Royal Anthropological Institute, Volume 32, Issue 2, Page 474-493, June 2026. ", "\nIn Gasi, a Kenyan coastal village, fish gifting has shifted from an expression of generosity to a morally charged response to requests for rightful shares. As fish stocks decline due to habitat degradation and overfishing, gifting practices have morphed into pressured transactions, shaping an emerging ‘forced gift’ economy. Once grounded in reciprocity and religious devotion, gifting now reveals mounting tensions between villagers, who see themselves as morally entitled to fish, and fishers – both local and migrant – who struggle to meet escalating demands. For villagers, fish gifts are critical for sustenance and a symbolic shield against economic hardship. Yet scarcity has deepened anxieties and ambivalence within these exchanges. Fishers, caught between survival and social obligation, navigate complex expectations that reshape communal roles and strain social bonds. Pressure is sharpened by constant moral scrutiny, compelling fishers to give not from goodwill, but fear – of divine displeasure, gossip, shame, curses, violence, or accusations of witchcraft. Through an ethnographic lens, this article engages classic and contemporary theories of gifting and taking to examine how demands for fish gifts – whether fulfilled generously or under duress – reflect and intensify social rifts, illuminating the resilience and fragility within Gasi's evolving moral economy.\n\nRésumé\nDans le village côtier de Gasi, au Kenya, le don de poisson n'est plus un geste de générosité mais une réponse moralement chargée à des demandes d'une part légitime de la pêche. Avec le déclin des stocks de poisson, lié à la dégradation des habitats et à la surpêche, les pratiques de don se sont transformées en transactions sous pression qui font émerger une économie du « don forcé ». Autrefois ancré dans la réciprocité et la dévotion religieuse, le don révèle aujourd'hui des tensions de plus en plus vives entre les villageois, qui estiment avoir un droit moral à des poissons, et les pêcheurs (locaux et migrants), qui peinent à répondre à une demande croissante. Pour les villageois, les dons de poisson sont une source de subsistance cruciale et un bouclier symbolique contre les difficultés économiques. Cependant, la raréfaction des stocks a accru les inquiétudes et l'ambivalence associées à ces échanges. Pris en étau entre la nécessité de survivre et les obligations sociales, les pêcheurs négocient des attentes complexes qui remodèlent les rôles dans la communauté et tendent les liens sociaux. Ils sont soumis à une pression exacerbée par une surveillance morale de tous les instants, qui les incite à donner non pas par bonté, mais par crainte : crainte du déplaisir divin, des commérages, de la honte, des malédictions, de la violence ou des accusations de sorcellerie. À travers un prisme ethnographique, le présent article se plonge dans les théories classiques et contemporaines du don et de son acceptation pour examiner comment la demande de dons de poisson, que l'on y réponde par générosité ou sous la contrainte, reflète et accentue les fractures sociales. Il met ainsi en lumière la résilience et la fragilité de l’économie morale en pleine évolution à Gasi.\n"]