‘As long as I can’: women's health, physical exertion, and household futures in rural Indian Himalayas« Tant que je peux » : santé des femmes, surmenage physique et futurs des ménages dans les régions rurales de l'Himalaya indien
Journal of the Royal Anthropological Institute
Published online on May 20, 2026
Abstract
["Journal of the Royal Anthropological Institute, Volume 32, Issue 2, Page 535-553, June 2026. ", "\nThrough an ethnography of exertion, this article adds to anthropological literature on the actions and interpretations of marginalized groups in response to social hardship and suffering. It argues that, against a reduction in social and state‐support mechanisms in Eastern Uttarakhand, north India, women consciously used physical exertion to achieve household stability. Exertion manifested as arduous paid labour, which strengthened household positions and prospects, alongside unpaid physical service, which sustained inter‐household and extended social relationships. Women's most reliable resource towards reproducing a collective future was their continuous physical labour – which led them to intentionally deprioritize their immediate, individual health concerns. Caste and class networks shaped the possibilities and risks of exertion. Despite women's efforts, exertion had its limits and was sometimes fallible. Women responded to these limits by adopting self‐reliance as a discursive measure to calibrate their exertion. In contrast to a focus on women's moral and kinship strategies in response to health‐driven distress, I foreground women's exertion as an embodied strategy they adopted to safeguard households as a whole. Attending to exertion adds a new dimension to understanding women's practices in response to hardship – that of using their health to pursue long‐term outcomes they value, in this case household reproduction.\n\nRésumé\nÀ travers une ethnographie du surmenage physique, cet article s'ajoute à la littérature anthropologique consacrée aux actions et interprétations de groupes marginaux en réponse aux difficultés et souffrances sociales. Il avance que, face à la réduction des filets de protection sociale et de l'aide de l’État dans la région orientale de l'Uttarakhand, dans le nord de l'Inde, les femmes ont consciemment eu recours au surmenage physique pour assurer la stabilité des ménages. Ce surmenage a pris la forme de travaux pénibles rémunérés, qui ont conforté la position et les perspectives des ménages, mais aussi de services physiques gratuits qui ont renforcé les relations entre les ménages et les liens sociaux étendus. Le moyen le plus fiable dont disposaient les femmes pour reproduire un avenir collectif était leur travail physique incessant, et cela les a conduites à négliger volontairement les aspects immédiats de leur santé individuelle. Les possibilités et les risques associés au surmenage étaient déterminés par les réseaux de caste et de classe. Malgré les efforts des femmes, il y avait des limites au surmenage, et parfois des défaillances. Les femmes y ont répondu en adoptant l'autosuffisance comme mesure discursive pour calibrer leurs efforts. Au lieu de se concentrer sur les stratégies morales et de parenté des femmes en réponse à la détresse causée par leur état de santé, l'autrice met en avant leur surmenage en tant que stratégie incorporée, adoptée pour sauvegarder les ménages dans leur ensemble. L'intérêt porté au surmenage ajoute une nouvelle dimension à la compréhension des pratiques des femmes en réponse aux difficultés : l'utilisation de leur santé pour tenter d'obtenir des résultats à long terme qui ont de la valeur pour elles, en l'occurrence la reproduction du ménage.\n"]