Cuba's food sovereignty intermediariesLes intermédiaires dans la souveraineté alimentaire de Cuba
Journal of the Royal Anthropological Institute
Published online on May 20, 2026
Abstract
["Journal of the Royal Anthropological Institute, Volume 32, Issue 2, Page 638-657, June 2026. ", "\nAgainst the backdrop of colonial sugar exports, US and Soviet patronage, and the austerity of the Special Period, Cuba's pursuit of food sovereignty remains a work in progress. The government's 2021 food sovereignty policy adds nuance to the term by foregrounding nutritional and cultural diversity to combat the unhealthy options served up by an emerging private sector. Food sovereignty's shifting significance through history does not undermine its efficacy; rather, it furnishes narratives that appeal to a wide range of local and foreign actors: about revolutionary struggle, entrepreneurial initiative, personal and ecological health, and the need to counterbalance growing Chinese influence. Case studies of organic farms in inner‐city and peri‐urban Havana show intermediaries historicizing food sovereignty across scales and networks to reconcile the sensibilities of neighbours, officials, and foreign visitors. I argue that how these intermediaries temporalize the term – as a static and patriotic Cuban tradition in the first case, and as a dynamic process of political reform in the second – influences the structure of international networks and corresponding understandings of its meaning. This observation helps answer the question posed by Marc Edelman et al. in 2014: ‘Who is the sovereign in food sovereignty?’. I suggest that who the sovereign is depends on why they join networks, and that intermediaries amplify and harmonize their motivations for doing so. The international appeal of Cuban food sovereignty is therefore culturally contingent, but it is not coincidental.\n\nRésumé\nAprès les exportations coloniales de sucre, les tutelles des États‐Unis et de l'Union soviétique et l'austérité de la « Période spéciale », la quête de souveraineté alimentaire de Cuba est loin d’être achevée. La politique mise en place en 2021 par le gouvernement ajoute à ce terme une connotation particulière en plaçant au premier plan la diversité nutritionnelle et culturelle, afin de lutter contre les options à faible valeur nutritionnelle proposées par le secteur privé émergent. Les changements de signification de la souveraineté alimentaire à travers le temps n'affectent en rien l'adhésion qu'elle suscite, mais alimentent au contraire des discours qui séduisent un large éventail d'acteurs locaux et étrangers : lutte révolutionnaire, esprit d'entreprise, santé personnelle et environnementale, nécessité de faire contrepoids à l'influence chinoise grandissante. Des études de cas d'exploitations en agriculture biologique dans la zone urbaine et périurbaine de La Havane font apparaître des intermédiaires qui historicisent la souveraineté alimentaire, à plusieurs échelles et dans différents réseaux, afin de concilier les sensibilités de leurs voisins, des officiels et des visiteurs étrangers. L'auteur avance que la manière dont ces intermédiaires temporalisent le terme (comme une tradition cubaine statique et patriotique dans le premier cas, ou comme un processus dynamique de réforme politique dans le second) influence la structure des réseaux internationaux et des compréhensions correspondantes de sa signification. Cette observation aide à répondre à la question posée par Marc Edelman et al. en 2014 : « Qui est le souverain dans la souveraineté alimentaire ? » L'auteur suggère que ce qui dépend de pourquoi on est entré dans des réseaux, et que les intermédiaires amplifient et harmonisent les motivations à l'origine de ce choix. L'attrait international de la souveraineté alimentaire cubaine est donc culturellement contingent, mais il n'est pas fortuit.\n"]